De la Pâque (Pessa'h) à Pâques 
Tryptique des trois fêtes de Dieu

par Alexandra Domnec

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Pâques
Huile sur toile - 65 x 54 cm - 15 F

 
Notes

Voici les idées de la semaine > en vert

Pâques puce Le langage des plantes

C'est un classique chez moi d'utiliser la symbolique* des plantes pour exprimer une idée. Voici donc ce qui se cache derrière ces différents arbres, fleurs, cultures, herbes...

* Plusieurs paramètres rentrent en jeu. Je recherche et prends en compte : la signification des plantes et leurs utilités dans la Bible suivant les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament (première référence dans l'A.T.), leurs significations possibles en hébreu (racine primaire), leur existence en Israël dans le lieu géographique peint en cette saison,...
Mais aussi leur références et utilisations dans l'iconographie des peintres de tradition chrétienne (Renaissance...), leur signification dans les légendes gréco-latines ou d'ailleurs (en Orient...), jusque dans le langage des plantes d'aujourd'hui en France.
Ce qui signifie en amont une recherche importante, la constitution d'une bibliothèque riche d'images de référence (photos, livres, Internet...) et dans la pratique d'une expérience graphique faite dans des tableaux déjà réalisés. > Voir pour exemples : la parabole du fils prodigue, les Béatitudes, le lexique de ma fresque...


Pâques > Les épines : Accacia ? Ziziphus spina-christi ? Ziziphus Lotus ?

 "Ils tressèrent une couronne d'épines (akantha), qu'ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s'agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant : Salut, roi des Juifs !" (Mathieu 27, 29)

"Les soldats tressèrent une couronne d'épines (akantha) qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui," (Jean 19, 2)

Au premier plan, je décide de peindre une branche épineuse pour illustrer la couronne d'épines au bas de la croix (crucifixion du Christ). Et je suis étonnée de voir après bien des recherches que nous sommes aujourd'hui toujours sans savoir en quoi la couronne est faite ("Au jardin des plantes de la Bible" de Jean Paquereau).

Le choix de l'arbre est donc difficile. Dans le Nouveau Testament, le mot "Akantha" signifie "épines". Ce qui est court ! Car en Israël il existe une liste impréssionnante de plantes épineuses (
http://www.flowersinisrael.com/PlantsThornsThistles_page.htm).

Pour les besoins du tableau, je vais donc faire une choix personnel parmi les plantes les plus probables (selon les spécialistes) et selon quelques critères : que la plante ait des branches épineuses, suffisamment souples et solides pour faire une couronne, qu'elle pousse à Jérusalem au temps du Christ. 

Quelques idées :
  • De l'acccia ? (= appelé aussi communément Mimosa)
    Les épines sont terribles. Les branches sont suffisament souples et solides pour faire une couronne. Mais les espèces contempaines de Jésus
    ne semblaient pas pousser à Jérusalem. Elles poussaient dans le désert (cf. bois pour faire le Tabernacle). Les espèces actuelles qui croissent dans les zones méditérannéennes ont été importées plus tard d'Amérique et d'Australie (cf liste des accacias).
  • Du Câprier épineux (Capparis Spinosa) ? C'est un arbrisseau méditerranéen. Ses boutons floraux confits dans le vinaigre, donnent les "câpres". Il est parfois cultivé pour sa magnifique floraison de juin à août. Ses grandes fleurs sont très odorantes, mais vivent brièvement (> voir Source Wikipedia). Il poussait à Jérusalem du temps de Jésus. Mais cette plante ne semble pas des plus épineuses...
  • Du Jujubier de Palestine (Ziziphus spina-christi) ? Il est connu sous le nom de "jujube de l'épine du Christ". Le choix est interéssant, mais selon Matthew George Easton, il semble que la plante soit trop fragile pour être courbée en couronne. (> voir Source Wikipedia) Il propose une autre plante : le "nabk", soit le "Ziziphus Lotus".  
  • Du Jujubier sauvage (Ziziphus Lotus) ? ou jujubier de Berbérie est appelé également jujubier des Lotophages (cf. l’Odyssée d'Homère). Les Lotophages, peuple imaginaire, "vivaient heureux en consommant ce fruit qui avait le pouvoir de faire oublier aux marins d'Ulysse jusqu'à l'amour de leur patrie."
    Contrairement au Jujubier de Palestine, les branches sont assez solides. Il existait du temps de Jésus à Jérusalem. Il est très épineux. Je retiens donc cette plante.
    Sa floraison a lieu en mars/avril. Je prends des exemples de branches fleuries. (
    https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-80248-illustrations)
Entre le câprier et le Jujubier sauvage, je choisis le second. J'aime bien l'idée qu'en consommant son fruit*, "les gens puissent oublier jusqu'à l'amour de leur patrie". Ce que je mets en parallèle symboliquement avec le fruit défendu de l'arbre de la connaissance dans le jardin d'Eden, début de la chute de l'humanité, de son éloignement, voire de son oubli de Dieu et de son royaume.

* Une idée personnelle sur le péché originel : en consommant le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, l'humanité croit savoir ce qui est bon ou mal pour elle et se prend pour Dieu. Alors que l'humanité ignore ce que Dieu a pour projet depuis le commencement. Il s'agit du sauvetage de l'humanité de la mort et l'amener à venir chez et avec lui (éternité). Projet que lui seul peut mené de bout-en-bout dans le temps et dans l'espace. Ce n'est que si l'on cherche à se rapprocher de Dieu, et je crois à la façon du Christ, que l'Esprit de Dieu (Saint-Esprit) peut venir en nous. C'est avec l'Esprit que nous sommes guidés "pour revenir à nous-même", apprendre à discerner avec lui le bien du mal, trouver la paix. Puis enfin trouver un sens à sa vie en prennant part (mission) à son projet.

"L'Eternel dit à Abram: "Va vers toi-même ( "Lekh Lekha") ; quitte ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai". (Genese 12, 1)


Pain sans levain à Pâques

Manne comme de la coriande
> l'orge (= les épis) : 

Rappel sur le pain :

Le pain est pour l'homme une source de force ( Psaume 104, 14).

"15 Le vin qui réjouit le coeur de l'homme, Et fait plus que l'huile resplendir son visage, Et le pain qui soutient le coeur de l'homme." (Psaume 104, 14)

Il est essentiel dans sa nourriture quotidienne (Luc 11, 3 Notre Père).

"Donne-nous chaque jour notre pain quotidien" (Prière du Notre Père Luc 11, 3)
 
Il est aussi destiné à être partagé (même avec
les envoyés de Dieu, l'affamé...) Manger son pain avec une personne régulièrement, c'est être son ami proche.
Le pain est le plus grand des dons, c'est une bénédiction de Dieu (Exode 16 - la manne, "le pain des forts").

"15 Les enfants d'Israël regardèrent et ils se dirent l'un à l'autre : Qu'est-ce que cela ? car ils ne savaient pas ce que c'était. Moïse leur dit : C'est le pain que L'Eternel vous donne pour nourriture." (Exode 16, 15)


Chez les chrétiens, le pain que le peuple rassemblé (l'Eglise = ecclesiæ) se partage est le corps du Christ qui lui est offert (cf. eucharistie, communion, cène... Matthieu 26, 26 ; Marc 14, 22 ; Luc 22, 19).

"22 Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps." (Marc 14, 22)

"Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi." (Luc 22, 19)

"En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit." (Jean 12, 24)

"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." (Jean 15, 13)
Sainte cène
orge La récolte de l'orge (= des épis)

Il existait 3 fêtes des récoltes, celle de l'orge, le grain commun (mars/avril), celle du blé, le grain noble (mai/juin) et celle du raisin et des fruits (septembre/octobre). Israël va donner une nouvelle signification à ces trois fêtes. Puis, le christianisme reprend à son tour la tradition juive en l'adaptant.

La récolte de l'orge correspond à la Pâque juive (ou Pâques chez les chrétiens), celle du blé 50 jours plus tard à la Fête des Semaines (ou Pentecôte chez les chrétiens) et celle des fruits, en automne, à la très joyeuse Fête des Tentes (ou je crois "Thanksgiving" chez certains chrétiens...).

La célébration de la Pâque ("Pessa'h") et de la fête des azymes

Dans l'Ancien Testament, la Pâque juive (Pessa'h ou la fête des Pains sans levain) correspond à la libération par Dieu du peuple hébreu de l'Egypte (Exode 34, 18 - 23) et le début de l'Exode. Le départ des Hébreux fut si précipité que le pain n'eut même pas le temps de lever. Depuis, le pain est mangé sans levain durant la semaine qui précède la Pâque. A cette occasion, les prémices de la récolte, les premières gerbes d'orge sont offertes au Temple (Lévétique 23, 5 - 14).

"3 Moïse dit au peuple : Souvenez-vous de ce jour, où vous êtes sortis d'Egypte, de la maison de servitude; car c'est par sa main puissante que l'Eternel vous en a fait sortir. On ne mangera point de pain levé. 4 Vous sortez aujourd'hui, dans le mois des épis." (Exode 13, 3 - 4)

Ensuite Dieu va demander aux familles de se souvenir de ce jour, de le commémorer et de rappeler aux enfants ce qui s'est passé ce jour là (> tradition). 

"15 Tu célébreras la fête des pains sans levain. Pendant sept jours, tu mangeras des pains sans levain comme je te l'ai ordonné au temps fixé du mois des épis, car c'est au cours de ce mois que tu es sorti d'Egypte. Tu ne te présenteras pas devant moi les mains vides." (Exode 23, 15)

"Tu observeras la fête des pains sans levain ; pendant sept jours, au temps fixé dans le mois des épis, tu mangeras des pains sans levain, comme je t'en ai donné l'ordre, car c'est dans le mois des épis que tu es sorti d'Egypte." (Exode 34, 18)

"Observe le mois des épis, et célèbre la Pâque en l'honneur de l'Eternel, ton Dieu ; car c'est dans le mois des épis que l'Eternel, ton Dieu, t'a fait sortir d'Egypte, pendant la nuit. (Deutéronome 16, 1)

souvenir
La Pâque juive (Pessa'h), la fête de Pessah est célébrée du 14 au 21 ou 22 Nissan (en mars ou en avril du calendrier grégorien). Elle conjugue donc deux fêtes bibliques, Pessah à proprement parler et la "fête des Azymes*". source : https://icalendrier.fr/religion/fetes-juives/pessah

* Le pain sans levain ou pain azyme
* Levain : ce mot dans le Nouveau Testament est en générale une métaphore pour désigner "l'enseignement". "Un peu de levain fait lever toute la pâte". Bien qu'appliqué en petite quantité, il peut par son influence modifier entièrement une chose dans le mauvais (Matthieu 16, 6) comme dans un bon sens (Matthieu 13, 33). Mais, contrairement aux 3 autres évangiles, le mot "levain" n'apparaît pas dans l'Evangile de Jean. Alors que le mot "orge" n'apparaît que dans celui-ci (Jean 6, 9 et 6, 13) ainsi que dans l'Apocalypse (Apocalypse 6,6).

La célébration de Pâques (chrétiens) et du pain (communion)



En cours d'écriture...
Hysope à Pâques
> L'hysope : 

 "xxx" (xxx)

xxx > voir ref dans ma fresque


> les anémones : 

 "xxx" (xxx)

> voir ref dans la parabole du fils prodigue et dans ma fresque

> les bleuet : 

 "xxx" (xxx)

xxx > voir ref dans la parabole du fils prodigue et dans ma fresque



Pâques
> Les roseaux : 

 "xxx" (xxx)

xxx > voir ref dans ma fresque 

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© Alexandra Domnec, tous droits réservés - 27 mars 2020 - Pour me contacter : alexandra@domnec.com